Contient une présentation
Durée : 0h 32m 5s
Langue : Français (fr)
Production : Université Louis Pasteur, Strasbourg
Réalisation : Colloques et Conférences
description de la vidéo :
Les biologistes étudient des objets qui ont une histoire longue et complexe. Celle-ci est
partiellement écrite dans les données fossiles disponibles. L’étude de ces fossiles a permis
d’établir des scénarios évolutif relativement fiables pour les organismes multicellulaires (en
particulier les métazoaires). Toutefois, cette histoire est relativement récente (quelques centaines
de millions d’années) par rapport à la date présumée d’apparition de la vie sur terre (entre 3.5 et 4
milliards d’années). Malheureusement, il n’existe pas de fossiles utilisables pour étudier les
premiers 3 milliards d’années d’évolution de la vie terrestre (sa préhistoire). Dans ce cas, il est
nécessaire de recourir à des «fossiles » moléculaires présent au sein même des organismes
modernes (séquences de macromolécules, ou encore mécanismes moléculaires conservés chez
tous les êtres vivants). Leur interprétation, au travers de la génomique comparative, de la
phylogénie moléculaire, ou de la biochimie évolutive, se heurte à de grandes difficultés et
soulèvent de vives controverses. De nombreuses théories (scénarios évolutifs ?), souvent
contradictoires, ont été ainsi proposées ces dernières années pour expliquer certains des
événements clefs qui ont jalonné la préhistoire du vivant (formation des trois lignées cellulaires
actuelles, origine du noyau, origine des virus, ou encore émergence de l’ancêtre commun à tous
les êtres vivants actuels, LUCA (the Last Universal Common Ancestor). J’ai participé activement
à ces débats et j’ai moi-même proposé récemment de nouvelles hypothèses sur l’origine de
l’ADN et sur le rôle joué par les virus dans la formation des genomes moderne. Quel est le statut
de ces théories ? Quels rapports ont-elles avec la réalité ? Comment se situent-elles par rapport à
un certain nombre de mythes « scientifiques » très présents dans ce domaine de la connaissance ?
Ces questions ne sont pas sans rappeler celles qui sont abordé à propos de la cosmologie (statut
scientifique du Big Bang et des scénarios d’évolution pour l’univers primitif). Je les discuterais à
partir de mon expérience personnelle, celle d’un biologiste formé en biochimie et biologie
moléculaire (disciplines dominées jusqu’à présent par une vision principalement descriptive et
réductionniste du vivant) et qui s’est progressivement ouvert à l’étude de l’évolution, sans avoir
suivi le parcours classique des évolutionnistes.
description de la session :
Modérateur : M. Granet, ULP